Au royaume des phrases usées à la corde, on retrouve le fameux: « Garbage in, garbage out! » Tous les gens qui ont touché aux simulations (FEA, CFD, etc.) se sont fait répéter cette fameuse phrase, généralement de façon hautaine et paternaliste.

Ironiquement, les adeptes de cette expression sont, dans bien des cas, les responsables du « garbage in ». Dans bien des entreprises, les résultats d’essais sont considérés comme étant la vérité absolue. « Si le résultat vient d’un test, je peux me fier là-dessus. » La réalité est souvent différente…

Grâce à la connaissance accrue des meilleures pratiques de maillage et à la puissance de calcul maintenant disponible, les principaux codes de simulations modernes atteignent un niveau de précision et de robustesse impensable il y a une dizaine d’années.

Il est maintenant possible de représenter des phénomènes complexes avec grande exactitude et d’inclure un plus large éventail de phénomènes physiques. Plus besoin de simplifier de manière extrême le problème étudié. Il est même souvent intéressant d’en mettre plus que moins. On découvre souvent des choses intéressantes de cette façon!

De plus, lorsque le résultat d’une simulation semble invraisemblable, on découvre généralement que les intrants (données du test que l’on tente de corréler, mesures des résultats du test et leur interprétation) sont erronés. Autrefois, lorsque l’on essayait de corréler une simulation avec un test physique, si on n’y arrivait pas, tout le monde pointait vers la simulation et y allait du fameux « Garbage in, garbage out! ».

De mes récentes expériences, lorsque l’on essaie de corréler une simulation avec un test physique, on a des problèmes à y arriver dans 80% des cas. Ce qui nous amène généralement à passer des heures, et des heures, à chercher ce qui ne va pas dans notre simulation. Dans tous ces cas, on a remonté jusqu’à la source du problème. Le problème se partage de façon à peu près égal entre un modèle CAD incomplet ou non-conforme à la réalité et de mauvaises données ou procédures de test, dans des proportions  à peu près égales. Cas classique : mauvaise mesure de débit dans un test de fluides.

Ça permet aussi de mettre en lumière la difficulté de réaliser un test physique sans qu’il y ait d’interférences dû à l’environnement de test. Il est aussi très coûteux, dans bien des cas, d’isoler complètement le phénomène visé par le test. En résumé, le « garbage in, garbage out » s’applique tout autant aux essais physiques qu’aux calculs à la main d’ailleurs. Aucune méthode ne peut corriger vos erreurs ni réfléchir pour vous!

Bref, je vous suggère de bien regarder et questionner les données reçues lorsque vous essaierai de corréler une simulation avec un test. Ça pourrait vous sauver des heures de questionnements sur les résultats de simulations! Il y a souvent du « garbage out » de tests!

Auteur : Alessandro Del Mistro, ing.