Les 19 et 20 mars derniers avait lieu la conférence STAR Global à Orlando, FL, organisée par CD-adapco.  La compagnie CD-adapco, que plusieurs d’entre vous connaissent, développe et vend les logiciels de CFD STAR-CCM+, STAR-CD, STAR-CAST et tous autres trucs commençant par STAR.  Cette conférence a bien sûr pour but de nous montrer leur expertise par l’entremise de présentations sur les succès de leurs clients mais aussi de nous informer sur les futurs développements de leurs logiciels de simulation.  Il demeure que, pour moi, assister à cet événement  est l’équivalent de laisser un enfant libre dans un magasin de jouets, mais en version geek.   C’est une source de savoir phénoménale pour quiconque réalise des projets impliquant la CFD dans tous les types d’industries.   Ça permet de rencontrer les gros joueurs de la CFD, d’attraper au vol les trucs et astuces qui ont pris des années à développer pour ensuite les utiliser.  Mais, le plus intéressant reste sans doute de connaître les tendances de développement en CFD.

Il semble clair que le multi-physique a la cote en ce moment.  Vous pourriez penser que, par multi-physique, on entend simplement transfert de chaleur conjugué ou modèle multi-phase eulérien.  Si c’est le cas, vos références datent d’il y a 10 ans et l’heure est venue de vous mettre à jour.   Maintenant, on parle de couplage entre une multitude de logiciels différents pour simuler un système en tenant compte de ses effets sur le fluide et vice versa.  On parle de simuler un moteur électrique et son refroidissement, simuler les phénomènes aéro-acoustiques d’un miroir de voiture couplé à la vibro-acoustique (permettant de déterminer le niveau de décibel entendu dans l’habitacle) et même de combiner une simulation CFD à une autre (dans le même logiciel) pour simuler des échelles spatiales ou temporelles différentes.  Avec le lancement prochain d’un API (Application Programming Interface) permettant le couplage entre STAR-CCM+ et tous autres codes commerciaux ou maison, CD-adapco continue à se positionner comme un joueur dominant dans le marché.

Une autre tendance importante que l’on peut observer consiste en l’utilisation de la CFD avec des techniques d’optimisation.    Avec le temps, les simulations sont devenues beaucoup moins coûteuses qu’elles ne l’étaient et cela a permis un changement de mentalité envers la CFD en série.  Pourquoi pas faire cinquante simulations au lieu d’une si ça prend le même temps qu’en faire une seule comme avant?  En combinant l’automatisation et l’optimisation, il est maintenant possible de rapidement faire des analyses de sensibilité d’un design à des paramètres choisis (dimensions, courbures, etc.) et d’ensuite en déterminer le design optimal et tout cela durant une fin de semaine!

Avec toutes ces nouveautés, la CFD commence à prendre beaucoup de plus de place et ce, dans tous les domaines.  Il devient impensable pour tout ingénieur de projet de considérer la CFD ou toute autre forme de simulation numérique comme façon de réduire les coûts et d’améliorer  les performances de son produit.  Loin derrière nous sont les jours où la CFD ne simulait que des profils d’ailes d’avion en deux dimensions!

Auteur : Yannick Sirois, ing., PH. D., M. Sc A.